• Un facteur d'orgues à Enghien

     

    Les Orgues Vander Beken

     

    Une manufacture d'orgues à EnghienJules Bartholomé Vander Beken naquit à Grammont le 3 avril 1868. Il était le fils d’un menuisier établi à la Penitentenstraat 3 à Grammont. Ses parents déménagent deux fois dans la région bruxelloise (Laeken et Schaerbeek) mais reviennent toujours dans leur ville d’origine, au bord de la Dendre. Devenu adolescent, Jules fait son apprentissage dans la construction d’orgues automatiques à la « Manufacture d’orgues mécaniques » de Louis Hooghuis, située à la Place de la Station de Grammont.

    Le 24 août 1897 il épouse Héléna Van der Beken. Ils habitent toujours à Grammont où Héléna tient une poissonnerie.

    Pour le compte de son patron, Jules Vander Beken est envoyé le 7 septembre 1897 à Londres. Il est âgé de 29 ans. Pourquoi Londres ? Parce que la firme grammontoise honorait diverses commandes de la firme anglaise « Chiappa and sons ». Les orgues étaient envoyées en pièces détachées vers la capitale britannique, en bateau bien sûr, et sur place, Jules les assemblait.

    Bien souvent, les orgues envoyées à Londres, ne comportaient pas de frontons et c’est la firme locale qui les construisait.

    Jules Vander Beken demeura 4 ans à Londres : son fils Victor y vit le jour. En 1900, il revint avec sa famille à Grammont Mais il était dit que le facteur d’orgues et les siens avaient l’âme nomade. Ainsi, en 1909, à l’âge de 41 ans, il vient s’établir à Enghien, au 49, de la rue du Viaduc. Dans cet atelier (qui devint plus tard, le « Lavoir Callebaut), Jules va travailler à son propre compte. L’atelier de construction d’orgues se trouvait au 1er étage, tandis que l’assemblage s’effectuait au rez-de-chaussée pour une raison facile à comprendre : la grande pièce terminée, elle devait sortir par la porte donnant sur la rue.

     

    Une manufacture d'orgues à Enghien
    Héléna et Jules

     

    Depuis cette époque, il ne fut pas rare de voir sur les champs de foire, et à Enghien bien sûr, des manèges mécaniques portant sur le fronton : « Orgues Vanderbeken, père & Fils ». Car Victor, lui aussi, fut pris par cette passion musicale et mécanique.

     

    Une manufacture d'orgues à Enghien
    La famille Vander Beken : (ca. 1910)
    Au premier rang : Jeanine, ?, Julius, Helena, Victor and Suzanne.
    Les personnes au 2e rang ne sont pas connues.

     

    Les Vander Beken ont fabriqué des orgues jusqu’en 1939. La maison devint même une petite P.D.E. (terme encore ignoré à l’époque bien sûr), car plusieurs ouvriers durent être engagés pour satisfaire les commandes des clients forains.

    Mais comment donc fonctionnaient ces orgues ? Des cartons perforés passaient sur un tambour actionné à la main. Plus tard, un moteur électrique remplaça la force humaine. Jules Vander Beken inventa un système unique qu’il fit breveter : son mécanisme faisait avancer les cartons musicaux et en même temps gonfler le système de fourniture d’air pour souffler dans les pipes. Chaque pipe correspondait à une note de musique bien précise :  1 do, 1 ré,... son aigu, son grave. Il reproduisait ainsi des tambours, timbales,..

    Au plus l’orgue était haut et long, au plus d’instruments étaient représentés. Les plus grandes orgues fabriquées par les Vander Beken, père & Fils, faisaient 7m de longueur. Il fallut d’ailleurs agrandir l’entrée de l’atelier.

    La famille, non seulement produisait des effets musicaux, mais également sculptait toutes les faces visibles de leurs orgues. Leurs talents étaient donc multiples.

     

    Une manufacture d'orgues à Enghien

    Une manufacture d'orgues à Enghien

    Une manufacture d'orgues à Enghien

     

    QUELQUES MOTS SUR LES HOOGHUIS

     

    La famille Hooghuys est devenue "musicalement active" avec Gerrit Simon Hooghuys, baptisé le 1er janvier 1754 à Wormer (NL) (aucune confirmation officielle de sa date de naissance n'a été trouvée). En 1806, Gerrit quitte Middelburg (NL) pour Bruges (B), où il publie le message suivant dans un journal local :

    Gerardus Hooghuys, facteur d'orgues, a l'honneur d'informer le public qu'il est venu vivre dans cette ville de Bruges dans la Vlaemingstraat près du Vlaeminbrug. Il se fait construire de nouveaux orgues et la réparation des instruments existants, le tout à des prix modérés.

    On ignore de qui Gerrit Simon a appris le métier de facteur d'orgues (peut-être de son père ?). Il meurt le 24 janvier 1813.

    Simon Gerard Hooghuys - le fils aîné de Gerrit Simon - est né à Middelburg le 14 février 1780 et est mort à Bruges le 21 octobre 1853.

    Louis Benoit Hooghuys - le troisième fils de Simon Gérard - est né à Bruges le 21 mars 1822. Avec Louis Benoit, la facture d'orgues d'église par la famille Hooghuys atteint son apogée. Déjà en 1854, il était établi comme facteur d'orgues. Ses œuvres témoignent à la fois d'un savoir-faire artisanal et d'une expertise : ses compétences reposent sur une simplification progressive de l'orgue de la fin du baroque en un instrument du début du romantisme. L'examen de la disposition de ses instruments montre que le jeu harmonieux des jeux avec un timbre doux était plus important pour Louis Benoit que le contraste entre des jeux forts et expressifs.

     

    Une manufacture d'orgues à Enghien

     

    Une manufacture d'orgues à Enghien

     

    Une manufacture d'orgues à Enghien

    Maldegem

     

    Louis Benoit meurt à Bruges le 16 avril 1885. Beaucoup de ses instruments peuvent encore être vus et entendus dans divers endroits en Flandre et même à l'étranger. On dit qu'après la mort de Louis Benoit, la qualité des orgues d'église s'est lentement détériorée en raison de la mécanisation du processus de production.

    François Bernard Hooghuys - le frère cadet de Louis - est né à Bruges le 15 novembre 1830. En 1865, il travaille comme assistant de Louis Benoit. Cependant, en 1869, il s'installe à Geraardsbergen (Grammont en français) et, vraisemblablement à partir de ce moment, il commence à travailler à la florissante fabrique d'orgues d'église de Charles Anneessens à Geraardsbergen (par la suite, son fils Louis François - qui passera aux orgues mécaniques - y travaillera également). François meurt dans la ville d'Oudenberg le 30 novembre 1888.

     

     

    Une manufacture d'orgues à Enghien

    Label François Bernard Hooghuys à l'orgue de l'église

    Étiquette de François Bernard dans un orgue d'église :
    Cet orgue a été restauré [sic] avec de nouveaux
    registres de François Hooghuys.
    Coupe d'orgue à Bruges en l'an 1869.

     

     Antoine Anneessens à l'orgue Hooghuis de l'église Saint-Jean-Baptiste à Ostende.

     

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    Suivant la Manufacture d'Orgues Guido Schumacher :

    Les caractéristiques de la construction de cet instrument ainsi qu'une liste de travail de 1885 ont permis d'attribuer cet instrument au facteur d'orgues brugeois Louis Benoit Hooghuys. L'instrument a probablement été construit entre 1867 et 1869 pour la Onze-Lieve-Vrouw-van-onbevlekte-ontvangeniskerk à Ostende (Hazegras). La disposition originale n'est pas connue avec certitude, mais ce qui est certain, c'est qu'il s'agissait d'un orgue à deux claviers avec 19 jeux. La pédale était presque certainement attachée.

    Au début du XXe siècle, Joris a ajouté un système de transmission. Cette construction a permis de jouer les deux jeux de 16' du Grand Orgue sur la pédale. Il a également placé le positif dans une boîte d'expressiion au-dessus du Grand Orgue, a construit une console indépendante et peut-être aussi une machine Barker.

    Dans les années 1955-1956, une importante transformation a été effectuée par la firme Delmotte. L'action a été rendue électrique, la console a été renouvelée, de nouveaux coffres à vent ont été construits pour un Récit expressif et une pédale indépendante, et enfin la disposition a été changée dans un sens néoclassique. L'église d'Hazegras a été fermée en 1994 et en 1996, les parties les plus précieuses de l'orgue ont été stockées. Ces pièces ont finalement été achetées par la Sint-Jan-De-Doperkerk d'Ostende où l'orgue a été placé dans le bras droit du transept.

    Le but du projet de restauration était de reconstruire l'instrument de Hooghuys avec quelques agrandissements. Le Grand Orgue a été restauré dans son état d'origine, avec l'utilisation de l'ancien sommier à vent. Un nouveau pare-vent pour le Positif a été construit au-dessus de l'ouvrage principal. La disposition de ce clavier a été élargie avec deux aliquotes plus petites comme Hooghuys qui lui fournissait parfois ses instruments plus classiques. Finalement, l'instrument a été complété par une pédale indépendante qui a permis de réutiliser deux jeux en bois de 1955. Le mécanisme a été entièrement reconstruit en utilisant des pièces de l'ancien Grand Orgue. Le grand soufflet de rangement a également trouvé sa place dans la base inférieure. Comme l'orgue était à l'origine situé sur un étage de la salle des docks, il n'y avait qu'une caisse sur la face avant. En raison du nouveau placement de l'orgue au fond de l'église, il a fallu fabriquer de nouveaux murs latéraux et arrière en chêne.

     

    Un facteur d'orgues à Enghien

    Un facteur d'orgues à Enghien

    Un facteur d'orgues à Enghien

     

    Disposition  II - P, 22

    Grand-Orgue C – g '''

    Bourdon 16' - Montre 8' - Viole de Gambe 8' - Dulciana 8' - Bourdon 8'  - Flûte harmonique 4' - Prestant 4' - Fourniture IV - Cornet V - Bombarde 16' basse - Bombarde 4' sup. - Trompette 8' basse - Trompette 2' sup. - Clairon 4' bas - Clarinette 2' sup.

    Accouplement G-O / Pos

    Positif C – g '''

    Salicional 8' - Bourdon 8' - Prestant 4' - Flûte à cheminée 4' - Flageolet 2' - Flûte 1 ⅓' - Basson 8' bas - Hautbois 2' sup.

    Pédale C ' – f

    Soubasse 16' - Flûte ouverte 8'

    Tirasse Grand-Orgue / Pédale

    Tirasse Positif / Pédale

     

    Voir aussi la liste des biens patrimoniaux immobiliers : orgues Hooghuis.

     

    Sources :

    Willy Vanden Daele - Les enghiennoiseries... du Baron.
    Bjorn Isebaert - Carousel Organ - Issue No. 22 - January, 2005 -
    http://www.hooghuys.com/dutch/wiebenik/wiebenik.htm
    Manufacture d'orgues Guido Schumacher